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Chers Amis,
Etonnamment, bien qu’il ait défrayé la chronique en
long et en large au point que l’on pourrait penser ne plus
en être surpris, T.R.A.F.I.C (création du Karl’s Kühne
Gassenschau) m’a laissé pantois : par un jeu scénique débridé,
des effets pyrotechniques impressionnants, des cascades
affolantes et des jeux de lumières sur fond de montagnes éclairées
par un clair de lune, le spectacle est total et il est
impossible de ne pas se laisser séduire.
Fort agréablement, T.R.A.F.I.C permet des lectures très
diverses, de sorte que tous les spectateurs, quel que soient
leur âge et leurs références culturelles, peuvent y trouver
leur bonheur. Une chose est sûre : l’humour est toujours présent
donnant aux situations les plus critiques un relief tout
particulier.
Une autoroute, le dimanche soir. Des voitures en colonne.
Un bouchon énorme se forme bloquant la circulation dans
l’Europe entière de sorte que les automobilistes vont en
devenir les prisonniers. Dès lors, il n’y aura plus
qu’une solution, devenir solidaires les uns des autres pour
essayer de s’en sortir. Mais cela ne se fait pas sans mal.
Il faut surmonter ses pulsions les plus misérables et, si nécessaire,
les exorciser par le rire.
Si vous n’avez jamais vu de voiture transformable en
table de camping ou en studio de radio, si vous n’avez
jamais assisté à une corrida où une demi-automobile se
tranforme en taureau fulminant, ou si la vue d’un mobile géant
et humain vous parait inimaginable, alors, ne manquez pas
T.R.A.F.I.C.
Les organisateurs disent avoir été influencés par “Le
grand embouteillage”, le film de Luigi Comencini. De fait,
ils sont beaucoup plus drôles, d’une drôlerie bon enfant
qui renouvelle un sujet qu’Arrabal avait traité de manière
très sombre dans “Le cimetière des voitures”.
Amitiés.
J.-M. de Wolff
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