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Un beau Salaud

         une comédie de Pierre Chesnot

François Dumoulin est un homme malheureux, à vrai dire, plus ennuyé que malheureux. Il se sent victime d’une machination ourdie contre lui par ses proches. Oui, il voit se liguer contre lui tout d’abord sa femme, Catherine, avec laquelle il vit depuis vingt ans et qui lui a donné une fille, ensuite Betty, son ex, avec laquelle il a vécu dix ans et enfin Barbara, sa maîtresse depuis dix ans. Vous l’aurez compris après un bref calcul, François est un homme d’ordre qui change de femme tous les dix ans.

Pour ne pas faillir à la règle, aujourd’hui, il est amoureux d’Eglantine, jeune femme de vingt-cinq ans, avec laquelle il s’apprête “courageusement” à tout quitter pour l’Australie. Vous l’avez compris encore, François est un homme qui ne fait rien à moitié.

Le seul problème réside dans le fait qu’il a beaucoup de peine à avouer ses revirements affectifs et souhaiterait que les pages se tournent sans que cela ne crée de tempête. Là, François fait fausse route. Lorsque ces dames se rendront compte de son projet, elles ne pourront que prendre des mesures drastiques contre celui qui, pour elles, est “Un beau Salaud”. Et le fait qu’il ait choisi le soir de son anniversaire pour tirer sa révérence ne va rien arranger...

Cette comédie de Pierre Chesnot possède tous les ingrédients pour nous faire passer un moment des plus gais : quiproquos, comique de situation et bons mots. Et pour couronner le tout, le texte est défendu par des acteurs exceptionnels. Axelle Abbadie joue la pétillante et distinguée épouse, Bernadette Lafont a pour rôle celui de l’ex, encore amoureuse et prête à tout pardonner, et Virginie Lemoine campe avec exubérance la jeune maîtresse trompée. Quant au beau Salaud, sorte d’Arlequin plein de ressources, il est interprété avec une virtuosité peu commune par Jean-Luc Moreau qui a aussi assuré la mise en scène. C’est avec justesse que Mathilde Penin, Nathalie Pfeiffer et Jacques Vassy donnent la réplique à ce quatuor détonnant.

Cette pièce était donnée au Théâtre Montreux-Riviera jusqu’au 5 janvier. Si vous en entendez parler autour de vous, ne manquez par d’aller la voir. Vous vous y offrirez une pinte de bon sang.

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