retour au sommaire

Chers Amis,  

Le spectacle que je viens de voir mérite que vous lâchiez tout immédiatement pour courir acheter des billets, si vous n’en avez pas déjà.

 “Le grand retour de Boris S.” de Serge Kribus.

C’est une mécanique merveilleuse d’intelligence et de touchante humanité. Cette pièce, mise en scène par Marcel Bluwal, a d’ailleurs retenu l’attention des spécialistes puisqu’elle a fait l’objet de 4 nominations aux Molières 2001 et qu’il lui a été décerné le Prix Beaumarchais.

Un vieux comédien qui vient d’être engagé pour jouer le roi Lear, déboule chez son fils pour y passer les quelques temps que dureront ses répétitions. Il ne compte pas, depuis sa dernière visite il y a un an, que les choses ont pu changer dans la vie de son rejeton et que celui-ci peut avoir quelques bonnes raisons d’être sur les nerfs...

Avec une maîtrise exceptionnelle Serge Kribus nous raconte une histoire où deux êtres qui s’aiment ont de la peine à le faire comprendre à l’autre.  Cette relation père-fils est tendue comme un fil sur lequel, tel un équilibriste, l’auteur oscille entre comédie et tragédie.

Michel Aumont joue avec un talent consommé un père qui a brûlé les planches pendant de longues années. Il lui est resté un côté cabotin qui séduit et agace, un côté derrière lequel il cache une grande douleur causée par sa condition de Juif.

Serge Kribus, sensible et vrai, est le fils. Sa vie est au creux de la vague. Il doute de presque tout, en particulier de la manière dont ses coreligionnaires évoquent sans cesse leur effroyable passé. Contrairement à son père, il souhaiterait que tout cela soit recouvert d’un manteau d’oubli propice à l’instauration de la paix entre les hommes, quelle que soit leur foi.

D’exaspérations en séductions, de colères en gestes de tendresse, d’insultes en mots d’humour, ce père et ce fils que tout semble séparer de prime abord, vont retrouver la maille élémentaire dont ils sont fait l’un et l’autre...

Cette pièce va être donnée à Beausobre les jeudi 21 et vendredi 22 mars 2002.

On pouvait lire ces lignes dans le journal “Le Monde” : “cette pièce nous touche au plus profond. Il faut aller l’entendre.” Rien n’est plus vrai  !

Amitiés. 

J.-M. de Wolff

retour au sommaire