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Chers Amis,

Si une pièce de théâtre mérite absolument d’être vue, c’est bien “L’Amante anglaise” de Marguerite Duras avec Suzanne Flon, Jean-Paul Rousillon et Gérard Lartigau. Bien que la programmation de la pièce ne soit pas très favorable aux Romands des bords du lac, il vaudrait la peine de consentir à quelques sacrifices pour ne pas manquer ce petit bijou.

Claire Lannes tue sa cousine, sourde et muette, la dépèce puis jette les morceaux dans les trains de marchandises qui passent sous un viaduc situé non loin de chez elle. Tous les morceaux sauf la tête qu'elle cache. Interrogée par la maréchaussée, elle n’a aucune difficulté à avouer son crime mais demeure incapable de dire pourquoi elle l’a commis.

La terrible situation évoquée dans cette pièce est authentique. Elle s'est produite dans la région de l'Essonne à Savigny-sur-Orge, dans le quartier dit de "La Montagne Pavée" près du Viaduc du même nom, en décembre 1949.

Marguerite Duras qui a toujours éprouvé un faible pour l'univers de la criminalité, s’interroge sur ce qui peut pousser quelqu’un à tuer. Au cours d’une enquête serrée et fascinante, nous découvrons peu à peu la réalité du personnage de Claire, si sympathique, si immature, si mystérieuse et parfois si drôle qui hésite entre raison et folie...

“Avec son côté obstiné, Suzanne Flon attrape le public et ne le lâche plus. Charmante et fragile, drôle, espiègle, têtue comme une chèvre. Et, par instants, comme des griffures qui viendraient lacérer un tableau, la folie s'empare d'elle ; puis la blessure se referme sur un visage lisse, et on retrouve l'enfance, le sourire, la naïveté grandiose. Il suffit à Jean-Paul Roussillon d'un regard, d'une intonation, pour évoquer tout le passé et toute la lassitude d'un personnage. Avec sa diction curieusement hachée, il dérange et fascine. Deux très grands acteurs dirigés avec intelligence par Patrice Kerbrat qui, plutôt qu'une mise en scène, donne au spectacle une tonalité, une façon de mieux comprendre ce texte superbe". 
Nicole Manuello - France Soir

Prochains spectacles en Suisse :
le 21.12.2000 au théâtre du Passage à Neuchâtel.
le 5. 1. 2000  Theater am Stadtgarten , Theaterstr. 4 , Winterthur
A Paris :
jusqu’au 2 .1.2000 au Théâtre de l’Oeuvre.

Pour le cas où je n’aurais pas l’occasion de vous envoyer de nouveaux messages avant la fin de l’année, je vous adresse mes voeux pour de

Amitiés.

J.-M. de Wolff

A propos de la Nativité de Georges de La Tour :   "Est-ce une simple femme ? Est-ce Marie ? Une Madone ? Georges de La Tour ne nous le dit pas. Mais la majestueuse et seraine mise en place du nouveau-né et de ce visage dans un grand triangle rouge affirme bien qu'il y a là plus qu'une simple femme, l'archétype de la mère, une mère universelle, la Vierge des Ecritures. Un bébé aux premières heures de sa vie est quelque chose d'incroyablement fragile. Ce visage lisse, délicat comme une chrysalide appartient bien à un être en devenir, pas encore réalisé. Dans les recherches pour décrire l'intense vérité de ses sujets, Georges de La Tour s'est aventuré plus loin encore que ses contemporains et ses maîtres. C'est avec une rare simplicité de moyens, une grande restriction d'effets qu'il façonne leur présence. Et dans une composition et une mise en scène parfaitement maîtrisée, la lumière montre les visages, balise la lecture, guide le spectateur."

Jacques-Edouard Berger

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