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Chers Amis,

On dit que pour faire un bon roman, il faut recourir à trois épices : l’amour, le pouvoir et l’argent. A défaut des trois, l’une peut suffire mais sans aucune d’elles, le succès ne peut être obtenu. Denis Guedj nous apporte la preuve, dans “La Méridienne” (Robert Laffont 1997), que cela n’est pas toujours vrai. Son roman est passionnant.

Imaginez les Tuileries au matin du 24 juin 1792, en pleine Révolution française. Deux astronomes, Pierre Méchain et Jean-Baptiste Delambre, embarquent dans des berlines spécialement aménagées pour un long voyage scientifique afin de réaliser la plus longue mesure géodésique jamais effectuée. Alors que le premier se rendra vers Barcelone, le second ira vers Dunkerque. Ils tendront un fil invisible entre ces deux lieux, “la Méridienne”, en prendront la mesure exacte et nous donneront le mètre-étalon. C’est ainsi que, dans un bel esprit égalitaire, il n’y aura plus deux poids et deux mesures.

L’expédition est rendue difficile par le relief accidenté, mais les tourments de l’histoire de cette époque la rendront héroïque. Les deux hommes poursuivront pendant près de 12 ans leur harassant labeur. Ils n’en seront pas payés de la même façon : Delambre y trouvera gloire et responsabilités, Méchain y perdra la vie.

Denis Guegj nous propose une fresque magnifiquement documentée de la politique du moment et des sciences. C’est l’occasion de croiser de grandes figures :  le grand Lavoisier dont le dynamisme scientifique nous enthousiasme encore aujourd’hui, sans compter Borda et son cercle répétiteur, Laplace et sa célèbre équation, Legros et son “membre mécanique”, les frères Chappe et leur télégraphe génial, Condorcet, politicien, philosophe, mathématicien et auteur d’articles dans l’Encyclopédie, et bien d’autres encore.
 
Ecrit dans un style sobre et efficace, ce roman qui porte les stigmates du scénario de film dont il est issu, a de quoi séduire son lecteur. Une fois commencé, seul un cataclysme planétaire pourra vous convaincre de l’abandonner !

Bonne lecture.

Amitiés

Jean-Marc de Wolff

P.S. : Denis Guedj est mathématicien à l’Université de Paris 8. Il est l’auteur de plusieurs romans dont  “Le Théorème du Perroquet”,  dont on dit qu’« alliant humour et raison pure, il offre une savoureuse leçon de mathématiques » (Le Monde 25/09/98).

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