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Chers Amis,
L’Histoire nous donne une image singulièrement plate de
la vie au Moyen Age, à l’instar des miniatures de Conrad de
Hirsau. Les personnages semblent n’avoir que peu de
sentiments et s’ils en ont, ils sont discrets, voire
contraints. C’est donc sous un jour nouveau que j’ai découvert
un XIIème siècle frémissant de vie et de passion dans le
roman d’Antoine Audouard : “Adieu, mon unique”
(Gallimard 2000).

La Moisson
Fragment d’un “Speculum Virginum” (“Miroir des
Vierges”) de Conrad de Hirsau
Bonn, Musée national rhénan
Orbis Pictus Payot 1950
Guillaume d’Oxford nous raconte son amour impossible pour
Héloïse dont il restera l’ami indéfectible. Pour son
malheur, il présente la jeune femme à son maître de
philosophie et de théologie, Abélard. Celui-ci est immédiatement
séduit par la beauté, l’intelligence et la culture d’Héloïse.
Quelques jours plus tard, il acceptera sans hésitation d’être
son précepteur.
Le maître et l’élève vont rapidement découvrir
l’amour, une passion fulgurante, envahissante, dont le fruit
va provoquer la colère de l’oncle de la belle, le chanoine
Fulbert. Celui-ci, humilié par ce qu’il considère comme
une trahison de la part d’Abélard, va ordonner à des
hommes de main de châtrer l’indigne professeur.
Que deviendront ces amants merveilleux, quel sera
l’avenir du narrateur, Guillaume, c’est ce que je vous
invite à découvrir...
Ce roman est passionnant car il nous restitue une fresque détaillée
et animée de l’époque. Au-delà de l'histoire d’amour,
il y a l’aventure d’un homme libre de tout dogmatisme qui
est aux prises avec ses propres contradictions et avec celles
de l’Eglise, intransigeante, dont Bernard de Clairvaux fut
le porte-parole en ce temps-là.
Antoine Audouard use d’un style particulier. Les phrases
sont longues, fluides et riches d’un vocabulaire précis. Il
s’en dégage une musique qui évoque le souffle de certaines
chansons de geste.
A classer parmi les romans exceptionnels !
Amitiés.
J.-M. de Wolff
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