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Chers Amis,
Si
les impressionnistes français ont fait l’objet de nombreuses
expositions, leurs homonymes américains n’ont pas eu, jusqu’à
présent, cet honneur. Fort heureusement, le musée de
l’Hermitage à Lausanne a décidé de remédier à cette iniquité,
et ce, dans un choix d’oeuvres rarement ou jamais exposées en
Europe.
Il est avéré que l’impressionnisme a son berceau en France.
Il n’en reste pas moins passionnant de voir ce que les Américains
ont su en faire. Au gré de leurs préoccupations, de leurs manières
de vivre et de leurs mentalités, ils ont su digérer cette forme
artistique pour la réinventer avec un génie indéniable.
Mais ces peintres n’ont pas été aidés dans leur tâche par
les impressionnistes français. C’est ainsi que nombre d’entre
eux sont venus à Giverny et se sont vu refuser l’accès à la
maison de Monet. Tous ont beaucoup travaillé. Ils ont eu la
chance en rentrant chez eux de voir que les peintres français étaient
à l’honneur grâce à des marchands, tel Durand-Ruel. C’est
probablement ce qui a initié l’attrait des collectionneurs américains
pour la production impressionniste de leur compatriotes.
La collection que nous présente l’Hermitage se limite à la
période allant de 1880 à 1915. La nature puritaine des Américains
de cette époque leur a fait dédaigner toute fantaisie
avant-gardiste pour les orienter vers des sujets où la sérénité
prédomine. La famille, les activités quotidiennes, la maternité
et les paysages sont autant de thèmes dont l’effet lénifiant
nous invite à une douce rêverie. Celle-ci semble d'ailleurs
contaminer les modèles eux-mêmes.
L’exposition se visite du mardi au dimanche, de 10 à 18
heures. Elle fermera ses portes le 20 octobre.
Amitiés.
J.-M. de Wolff
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