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Chers Amis,
Il est toujours magique de suivre le travail d’un sculpteur
et de voir comment il fait émerger de la substance inerte des
formes que rien ne laissait prévoir. Souvent, ce processus de création
nécessite beaucoup de temps, la matière rechignant à se laisser
dompter.

La semaine passée, Grindelwald nous a proposé de
vivre un saisissant raccourci de la création sculpturale lors de
son Concours Mondial des Sculptures de Neige. Pour mémoire,
celui-ci se tient, avec un égal succès, depuis plus de
vingt ans. Dix équipes venant des quatre coins du monde -
Allemagne, Canada, France, Grande Bretagne, Italie, Pays Bas,
Russie, Suède, USA et Suisse - se sont donc affrontées pour réaliser
chacune une oeuvre taillée dans un cube de neige compacté et gelé
de près de 4 mètres de côté.

Les participants, par groupe de quatre, ont eu
fort à faire pour respecter le délai qui leur était imparti,
soit une semaine. De plus, ils ont dû affronter un froid de
canard dans ce village de l’Oberland Bernois qui ne voit que très
peu le soleil au mois de janvier. Mais le moral des équipiers est
resté au beau fixe malgré tout, chacun sachant que ce sont ces
conditions climatiques sévères qui permettent la survie de leurs
oeuvres éphémères.
Le thème imposé était “Le grand chambardement”, ce qui
n’a pas empêché les artistes de déraper dans des sujets
annexes pour le plus grand plaisir du public. C’est ainsi que ce
dernier a offert son premier prix - le Prix du Public - au Canada
pour un “Baiser” dont les lignes épurées sont
une invitation au rêve
La France, de son côté, a obtenu le premier prix du Jury pour un
groupe de personnages se passant les uns les autres d’énormes
ballots, une oeuvre dynamique et subtile caractérisée par une
harmonie des formes et des volumes.

Les Suisses n’ont pas démérité. Le Jury les a mis au troisième
rang pour une sculpture représentant un groupe de trois valises.
Quant aux autres concurrents, je vous propose de les découvrir
à Grindelwald, le temps d’une journée de plein air ou plus si
convenance...
Amitiés.
J.-M. de Wolff
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