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FUTUR ANTERIEUR 
                               au Musée Romain de Vidy

A peine passé le sas noir du translateur temporel que nous nous retrouvons dans un espace blanc que nous identifions rapidement comme étant un musée archéologique. Un coup d’oeil au compteur : nous sommes en 4002.

Les archéologues sont perplexes. Ils viennent de découvrir un nouveau site qui laisse supposer qu’il fut habité au 21ème siècle. Malheureusement, les éléments permettant d’en savoir davantage sur la civilisation qui habitait ces lieux manquent. Les documents de papier n’ont pas résisté aux affres du temps. De plus, les objets retrouvés sont tous entassés pêle-mêle sans qu’il ne soit possible de les associer aux lieux où on les découvre. On dirait que ce peuple avait l’habitude de recycler ou d’entreposer toutes les choses dont il n’avait plus besoin.

La situation est donc difficile pour les chercheurs qui se perdent en conjectures pour la plupart des objets qu’ils découvrent. Nombreux sont ceux qui semblent pouvoir être associés à des croyances religieuses. Ainsi, les gobelets à libation, caractérisés par un trou dans le fond, sont probablement destiné à rendre un culte à la Terre nourricière. L’utilisateur partageait ainsi sa boisson avec sa divinité. Les statuettes représentant des notables sacrifiant à ce geste symbolique ne manquent pas.

     

D’autres objets tels que véhicules miniatures et parures (St Prex et Bulach) nous éclairent sur le mode de vie de cette civilisation que son inventivité et son sens esthétique rendent passionnante. La décoration murale semble avoir eu une très grande importance si l’on en juge par le fragment de fresque récemment retrouvé.

Quant aux habitudes vestimentaires de ce peuple original, de vieilles médailles, des boutons et des boucles de ceintures nous en donnent une vision assez claire.

La vaisselle nous livre de précieux renseignements. Le double gobelet qui permet de mélanger deux liquides avant de les boire tout comme le couvercle pour mijoter les plats à l’étouffée signent un grand raffinement.

      

Souvent, les civilisations cultivent des symboles sexuels. Celle qui est à l’étude ne fait pas exception, puisque les spécialistes ont mis la main sur un symbole phallique associant un symbole solaire (petits trous permettant la fixation de petites barres).

L’habitat nous est dévoilé par de surprenantes maquettes et des représentations de bâtiments sur des cuillères. Celle qui devait appartenir à un homme dénommé Chillon est exemplaire.

L’exposition est riche d’objets divers, tous aussi surprenants les uns que les autres. L’humour pimenté de fantaisie est partout et le visiteur s’amuse de la manière dont l’archéologue du 5ème millénaire se trompe et affabule avec les meilleures intentions du monde. Après avoir bien ri, il ne peut s’empêcher de ressentir une pointe d’inquiétude quant à la validité de ce qu’on lui a dit sur l’antiquité...

Cette exposition réalisée par Laurent Flutsch, et le Musée Romain de Lausanne-Vidy est à voir jusqu’au 21 avril 2003. A ne pas manquer !

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