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Chers Amis,
On aurait pu croire, depuis le temps que le
sujet est traité, que le 7ème Art avait fait le tour de la
question de la drogue. Or, Steven Soderbergh, dans son dernier
film “Traffic”, nous prouve qu’il y a encore à faire.
Ce n’est pas une mais trois histoires
qu’il tresse pour nous. Les personnages de chacune d’entre
elles, s’ils se croisent, ne se rencontrent jamais : un flic
mexicain qui prend la mesure de la pourriture des organes étatiques,
un responsable de la lutte anti-drogue qui voit sa propre fille
s’oublier dans des voyages hallucinatoires et une jeune femme
américaine qui découvre l’implication de son mari dans le
blanchiment d’argent sale provenant de la drogue.
Avec une maestria peu ordinaire, Soderbergh réussit
à faire en sorte que le spectateur ne se perde pas dans les méandres
de ces trois histoires et l’amène rapidement à comprendre
combien elles sont interdépendantes. Le style narratif évoque
celui des reportages TV. Les scènes sont brèves et tournées
avec efficacité par une caméra portée. Il s’en suit une
impression de réalisme que renforce le jeu magistralement
naturel des acteurs : Michael Douglas, Catherine Zeta-Jones,
Dennis Quaid, Don Cheadle et Benicio del Toro pour ne citer que
les plus importants.
La musique peu formelle, glauque et inquiétante
souligne discrètement le malaise suscité par les
images de Soderbergh, celles d’une Amérique malade qui
rechigne à admettre son état. L’auteur ne s'appesantit
jamais mélodramatiquement sur les situations. Avec pudeur, il
éloigne sa caméra et nous invite à prendre de la distance
pour mieux réfléchir.
Rien n’est simple et le problème de la
drogue ne fait pas exception. Comme le dit (en substance) un
des protagonistes : faire la guerre à la drogue, c’est
aussi mener une guerre contre les drogués de nos familles.
Comment concilier l'inconciliable ? Sur la pointe des pieds,
Soderbergh suggère quelques pistes... Je vous laisse le soin
de les découvrir.
A voir, à faire voir et à discuter !
Amitiés.
J.-M. de Wolff
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