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Chers Amis,
Contrairement au cinéma suisse, souvent étriqué dans un
conformisme navrant, le cinéma belge nous offre souvent des
oeuvres marquées du sceau de la fantaisie et de l’espièglerie.
C’est le cas du film de Jean-Paul Renders, “Thomas est
amoureux”, qui est actuellement projeté sur les écrans de
Suisse romande.
Thomas est un agoraphobe qui a décidé de limiter son
biotope aux structures architecturales de son domicile. Il a
confié tous ses problèmes matériels à “la Globale” une
société d’assurance. Les seuls contacts qu’il entretient
avec l’extérieur sont ceux que lui autorise sa connection
internet. Cela semble lui suffire d’autant plus qu’il a une
maîtresse virtuelle, Clara, qui est prête, à tout moment, à
satisfaire ses moindres désirs.
Un jour, le psychologue de Thomas, contre l’avis de celui-ci
mais en accord avec “La Globale” , inscrit le jeune homme
à un club de rencontre. De femme en femme, Thomas va peu à
peu perdre sa sérénité d’ermite... et Clara ne lui
suffira plus !
Curieusement, nous ne voyons jamais Thomas, puisque c’est au
travers de son regard que nous observons l’écran de
l’ordinateur qui nous permet de découvrir les
interlocuteurs de notre héros. Par une bande son très
suggestive d’une part, et, d’autre part, grâce à des
variations de cadrages, de plans et de décors, Renders réussit
le tour de force de ne jamais rendre la narration pesante.
Les personnages que rencontre Thomas ont une haute valeur
symbolique. Si d’un côté, il y a les hommes rationnels (
le psychologue, l’assureur, le médecin, le livreur, etc.)
qui assurent la sécurité et le fonctionnement du système,
de l’autre côté, il y a les femmes (la mère, la
maquerelle, la prostituée médicalisée, l’amie, etc.),
tendres, humaines, émouvantes qui font de leur quête de
liberté et d’absolu la raison de leurs vies.
Pour en revenir à Thomas, si vous désirez savoir s’il
finira par vaincre sa phobie , je n’ai qu’un conseil à
vous donner : courez voir ce film !
Amitiés.
J.-M. de Wolff
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