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Chers Amis,
Zabou Breitman, plus connue sous son simple prénom, vient de
réaliser un film qui mérite toute votre attention : “Se
souvenir des belles choses”.
Claire est une jeune femme de 32 ans, qui, après avoir été
frappée par la foudre, a tendance à sombrer dans la confusion
des souvenirs. Elle pense alors être atteinte de la même
maladie que sa mère, celle d’Alzheimer. Claire s’adresse
donc à un centre spécialisé qui va poser le terrible
diagnostic. Elle y rencontre Philippe, un homme qui a perdu la mémoire
à la suite d’un accident de voiture au cours duquel sa femme
et son enfant ont trouvé la mort. Contre toute attente, ces
deux êtres que la mémoire trahit vont tomber amoureux l’un
de l’autre. Grâce à cet amour, ils seront grandis et fortifiés.
Claire aura le bonheur de se sentir utile en apprenant à
Philippe à vivre avec des souvenirs retrouvés par bribes.
Quant à Philippe, il redonnera un sens à sa vie en aidant la
femme qu’il chérit à échapper aux griffes d’une maladie
aliénante.
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Ce film est une magnifique réflexion sur le moment présent.
L’histoire d’amour de Claire et Philippe n’a que peu
d’avenir mais chaque instant compte et, à condition qu’il
soit vécu pleinement, tend vers l’éternité. C’est cela
qui justifie le soin touchant qu’en prennent les deux
amoureux.
Les réminiscences individuelles, tout comme la mémoire
collective, sont des éléments essentiels à la constitution de
la personnalité. Zabou Breitman, sans avoir l’air d’y
toucher, nous en parle avec délicatesse, poésie et humour.
Discrètement, la réalisatrice rend son discours plus personnel
en permettant les retrouvailles de deux Juifs âgés, alors
qu’elle-même se présente avec un patronyme juif qu’elle
nous avait caché jusque là (du moins, à ma connaissance).
Les prises de vues sont simples et belles. Je n’évoquerai
que celles des ébats des amoureux sous la pluie, ébats dont
les images sont rendues surréalistes parce qu’elles nous
montrent le couple à travers une vitre de voiture où s’écrasent
des gouttes d’eau.
Ce film a obtenu le Prix du Jury “jeunes” au Festival de
Sarlat. De plus, au Festival des jeunes réalisateurs de
Saint-Jean de Luz, il a été récompensé par deux prix
d’interprétation, l’un pour Isabelle Carré, si fraîche,
et l’autre pour l’émouvant Bernard Campan. Ces deux acteurs
aux jeux poignants sont des étoiles montantes dont il sera intéressant
de suivre les trajectoires.
Pour conclure j’ajouterai encore que cette oeuvre de Zabou
Breitman fait partie de celles qui nous incitent, à mon sens,
à reconsidérer notre manière de vivre : elle nous invite à
attacher le plus grand prix à chaque instant de bonheur comme
si ce devait être le dernier... Rien que pour ce rappel, il ne
faudrait manquer ce film à aucun prix !
Amitiés.
J.-M. de Wolff
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