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Chers Amis,

Un petit chef-d’oeuvre vient d’arriver sur nos écrans : “Sous le sable” de François Ozon. Avec une infinie délicatesse, l’auteur nous raconte une tranche de vie, celle d’une femme qui doit faire l'apprentissage de la solitude après 25 ans de vie commune.

Marie et Jean, son mari, ont une maison dans les Landes. Chaque année, ils viennent y passer leurs vacances et comme d’habitude, ils vont à la mer. Marie s’endort sur la plage et à son réveil, elle découvre que son mari a disparu. Commence alors un étrange calvaire pour Marie dont rien ne semble pouvoir la distraire...

Le scénario est habile, nous intrigue et nous berne : comme Marie, nous sommes sûrs que Jean est vivant; comme elle, nous avons la certitude que 25 ans de vie de couple, de complicité jamais trahie, ne peuvent laisser de place à d’éventuels secrets. Et pourtant...

La caméra d’Ozon saisit les expressions des visages par de gros plans. Tout se passe à fleur de peau. Par exemple,  lorsque Marie - Charlotte Rampling - se réveille, l’expression de son visage passe de la contrariété à celle de l’angoisse avec une telle évidence que toute verbalisation est  inutile. Pendant les 90 minutes que dure le film, le jeu de l’actrice est exemplaire : son personnage est plein de retenue et, pourtant, nous le percevons à coeur ouvert, fragile et touchant.

Les autres acteurs sont très bien choisis : Bruno Cremer, l’époux que l’usure du temps a rendu taciturne, Jacques Nolot, l’amant pitoyable, et Alexandra Stewart, l’amie de toujours.

A ne manquer sous aucun prétexte !

Amitiés. 

J.-M. de Wolff

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