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SOLARIS
de Steven Soderbergh
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Elle flotte dans le vide intersidéral sur un fond de musique
planante. Sphère rougeoyante, cette planète intrigue et
hypnotise les savants ( tout comme les spectateurs) : non
seulement sa surface parait recouverte d’un élément gazeux que
des phénomènes de condensation étirent en des filaments
graciles, mais encore, elle semble abriter une intelligence. Son
nom : Solaris.
Les scientifiques envoyés sur la station spatiale Prométhée
pour analyser cette étrange planète sont en difficulté. Après
un long silence radio, le commandant de la mission adresse un
étonnant message à la Terre : sans donner d’explication, il
requiert de toute urgence la présence de son ami psychologue, le
Dr. Chris Kelvin. Ce dernier, qui vit une période de noire
déprime depuis le suicide de sa compagne Rheya, hésite puis
accepte d’aller voir ce qui se passe sur la station.
Il y découvre un équipage décimé. Quant aux deux savants
survivants, ils semblent atteints d’une énigmatique paranoïa.
Epuisé par son voyage, Kelvin s’endort et croit voir en songe
Rheya. Mais lorsqu’il se réveille, il découvre la jeune femme
près de lui, belle, conforme à l’image qu’il avait gardé d’elle
Dès lors, Kelvin n’aura de cesse que d’élucider le
mystère de cette apparition. Clone, image mentale ou
ressuscitée, Rheya est avant tout la femme qu’il a aimé et qu’il
aime avec une passion toujours aussi vivace. Mais pour continuer
à la voir, il lui faudrait rester à bord de Prométhée. Or, la
masse de la planète Solaris augmentant d’heure en heure, la
station spatiale va inéluctablement s’écraser sur son sol. Une
question se pose donc : Kelvin saura-t-il quitter Prométhée à
temps ?
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Le roman de Stanislas Lem dont est tiré le scénario du film
avait déjà inspiré Tarkowsky en 1972 dans une oeuvre portant le
même titre. Mais alors que celle-ci traitait d’un thème
philosophique en envisageant un contact du IIIème type,
Soderbergh en fait une histoire d’amour belle et tendre dans un
milieu hostile. Pour la raconter, l’auteur mélange les images
du présent, froides, high tech de la station spatiale avec celles
du passé, chaudes et douces de la vie sur terre. C’est avec
celles-ci que nous découvrons un des plus beaux moments du film,
celui où Rheya et Kelvin se rencontrent et se séduisent.
Soderbergh réussit à en rendre compte avec une délicieuse
sensualité.
Le personnage de Rheya est intéressant. Lors de sa première
apparition, elle semble n’être qu’une enveloppe vide. Et ce
sont les souvenirs de Kelvin qui vont lui donner peu à peu sa
réalité. Mais alors que les réminiscences du psychologue sont
heureuses, celles que lui renvoie la jeune femme sont négatives.
Le couple formé par George Clooney et Natascha Mc Elhone est
sensationnel, lui ayant le regard fatigué de celui qui a trop
pleuré et elle étant éblouissante, d’une beauté hiératique,
presque trop parfaite.
Amateurs de “La Guerre des Etoiles”, ce film n’est pas
pour vous. Ici point d’action échevelée, point de sabre-laser,
mais seulement un huis clos passionnant, émouvant et...
inquiétant.
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