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Chers Amis,

Discrètement, un film du Sud est en train de conquérir le coeur des Suisses : “La Saison des Hommes” de Moufida Tlatli. On doit déjà à cette remarquable réalisatrice “les Silences du Palais”  qui en 1993 avait retenu l’attention de la critique. 

Une nouvelle fois elle défend la cause des femmes tunisiennes avec tendresse, humour et perspicacité : elle n’hésite pas à montrer que si les hommes sont responsables de l’état d’asservissement de leurs épouses, les femmes ne sont pourtant pas innocentes.

Le film débute à Tunis. Aïcha, délaissée par son mari, voit ses filles s’éloigner peu à peu d’elle pour mener leur propre vie. Il ne lui reste que son fils, Aziz, un petit autiste qu’elle seule sait calmer. Espérant que l’air de Djerba sera salutaire pour son petit malade, elle convainc ses filles de l’y accompagner.

Les souvenirs reviennent : le temps du mariage, l’absence insupportable des hommes partis 11 mois à Tunis, les rires, les tensions entre les femmes dominées par la maîtresse de la maison et enfin le retour tant attendu des hommes. Il y a aussi le marché qu’Aïcha a passé avec son mari : si elle lui donne un fils, il acceptera qu’elle l’accompagne à Tunis. Il est prévu qu’elle financera son voyage en vendant les beaux tapis qu’elle sait si bien confectionner. Enfin, il y a le drame, la naissance d’Aziz, enfant tant espéré qui porte en lui une tare.

La démarche de Moufida Tlatli est subtile. En jouant avec les "flash-back", elle tire des parallèles entre la vie de soumission d’Aïcha, il y a dix ans, et celles de ses filles qui, aujourd’hui, veulent vivre selon la norme européenne. Sans nuire à l’homogénéité de son film, la réalisatrice réussit à évoquer les problèmes de la femme tunisienne des grandes villes : la vie conjugale, l’union libre, les relations entre amants sont autant de sujets qu’elle traite avec une délicate pudeur.   

A voir.

Amitiés. 

J.-M. de Wolff

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