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Le papillon
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Elle est rousse, toute petite, avec une frimousse adorable
susceptible d’attendrir les caractères les plus rugueux. Elle a
huit ans et n’a qu’un regret, celui de voir sa mère si peu
présente dans sa vie de gosse, une vie un peu ébréchée à l’instar
de son nom qui a perdu un “i” dans les arcanes de l’administration
: Elsa.
Ce petit bout de femme et sa maman, Isabelle, viennent d’emménager
dans l’immeuble parisien qu’habite Julien, un vieil horloger
à la retraite. Maniaque et bougon, celui-ci se passionne pour les
papillons avec l’énergie du désespoir que lui a causé la
perte de son fils.

Elsa rend quelque fois visite à Julien. Elle apprend qu’il a
le projet d’aller dans le Vercors pour capturer un papillon
Isabel, un insecte aussi magnifique que rare. Or, voici que, la
veille du départ du vieil homme, Elsa ne voit pas rentrer sa
maman. La fillette décide alors de se cacher dans la voiture de
Julien. Lorsqu’il se rendra compte de sa présence, le vieil
homme aura parcouru bien des kilomètres. Il tentera bien de
conduire Elsa à la Police, mais, attendri par ce bout de chou, il
finira par y renoncer et la gardera avec lui.
La chasse à ce papillon se présente comme une quête telle
celles que l’on trouve dans bien des légendes. Tout d’abord,
les héros vont au bout du monde pour trouver ce qu’ils ont
déjà sur eux ou chez eux. Ensuite, ils doivent retrouver la
pureté et enfin ouvrir leur coeur. Avec tendresse, Philippe Muyle
fait cheminer ses deux personnages sur un chemin initiatique
bordé de magnifiques paysages.
Elsa et Julien nous touchent par leur bon sens et par la
profondeur des questions philosophiques qu’ils nous proposent.
Horloger, le vieil homme fait de nombreuses allusions au temps qui
passe et nous rappelle que notre vie peut s’arrêter à tout
moment. Le respect de la vie, de la personne, de la vérité tout
comme la nécessité d’exprimer notre amour à ceux que nous
chérissons sont évoqués, analysés, au travers de dialogues
pleins d’humour, de piquante fraîcheur et surtout plein d’une
pertinence qui interpelle le spectateur.
Ainsi, ce qui pourrait être une banale historiette fleur bleue
devient un petit chef-d’oeuvre de sensibilité dont le message
est porté par un jeu d’acteurs sans faille. Michel Serrault
sait admirablement faire progresser son personnage. De mauvais
coucheur, il va insensiblement nous dévoiler un coeur tendre qui
peu à peu va prendre le dessus et le rendre paternel. La petite
Claire Bouanich, de son côté va faire évoluer Elsa. Un peu
manipulatrice, au début, elle joue la séduction, mais sans
succès. Elle va bientôt réaliser que sa meilleure arme est l’authenticité.
Au bout de la route, Elsa et Julien vont découvrir une
surprise qui leur fera chaud au coeur et qui remplira le nôtre de
bonheur...
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