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Chers Amis,
Qui ne se souvient de ces hommes fiers, durs, aux visages burinés
par les vents ou les embruns de la mer, de ces baroudeurs prêts
à tout pour une pépite, à tout sauf à sacrifier une amitié ? Lino
Ventura, Michel Constantin, Jean-Paul Belmondo et Alain Delon leur
ont souvent donné vie dans des aventures aussi dépaysantes que palpitantes
: “La Scoumoune”, “Le Ruffian”, “Les Aventuriers” et “La Loi du
Survivant” pour n’évoquer que quelques films qui ont été tirés de
ses romans. Je veux parler, vous l’aurez sans doute compris, des
personnages de José Giovanni.
Celui-ci nous offre une tranche de ce qui fut sa vie dans un film
touchant, “Mon père, il m’a sauvé la vie”. Il y raconte, d’une part,
la tragédie familiale qui l’a conduit en prison et, d’autre part,
l’effroyable sentence de mort que la justice avait prononcé contre
lui pour des actes qu’il n’avait pas directement accomplis. Sa cause
semblait perdue, mais un homme silencieux, son père, avait décidé
de tout faire pour lui sauver la vie.
Les rapports que José Giovanni entretenait avec son père étaient
de nature houleuse, au point que ce dernier en était arrivé à la
conclusion que son fils ne l’aimait pas et surtout qu’il n’avait
pas d’estime pour lui. Mais à aucun moment, il ne se découragea.
Il fit tout ce qui pouvait être fait, dans l’ombre, à l’insu de
son fils, pour le sauver. Mieux, il attribua le succès de ses efforts
à sa femme, dans une espèce de pudeur que nous comprenons de mieux
en mieux au fur et à mesure que se déroule le film.
Aujourd’hui, tardivement, José Giovanni nous dit combien il s’était
trompé sur son père et combien il a fini par l’aimer. Nous découvrons
avec une grande émotion que ce père est la copie conforme des héros
qu’il a imaginés pour ses romans et ses films. L’a-t-il fait consciemment
? Bruno Cremer campe magnifiquement ce père à la force tranquille.
A voir le plus vite possible, car le film pourrait bien quitter
l’écran du Rex (Vevey) sous peu !
Amitiés.
Jean-Marc de Wolff
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