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Chers Amis,

Lors de mon coup de chapeau à “The House of Myrthe” (N°80), je comparais Edith Wharton à Jane Austen. Je ne me doutais pas que j’allais revenir si vite sur la question. En effet, la canadienne Patricia Rozema nous propose, ces jours, “Mansfield Park”, un film merveilleux basé sur le roman éponyme, le journal intime et des lettres de Jane Austen.
Tout comme la Lily d’Edith Wharton, Fanny Price, notre héroïne, est à l’âge où il convient de se trouver un époux. Mais alors que la première, obsédée par l’idée de faire un beau mariage, est broyée par la bonne société et ses règles rigides, la seconde ne juge les hommes qu’à l’aune de son coeur. Si toutes les deux ont à lutter contre la mainmise et le paternalisme du “sexe fort”, Fanny, seule, est une femme qui sait rester libre et fidèle à ses choix, quitte à en payer le prix.

Féministe, Fanny l’est avant la lettre. Nous ne sommes qu’en 1805 et, déjà, nous sommes en face d’une femme qui, aimant écrire, a une opinion qu’elle n’hésite pas à coucher sur le papier. Indépendante et courageuse, elle n’éprouve pas de scrupule à s’en prendre à l’ordre établi ou à critiquer l'esclavage qui fait la fortune de certains.
Le film de Patricia Rozema est magnifiquement mis en images, les décors sont superbes et la mise en scène est précise. Les plans qui nous font découvrir une campagne anglaise apaisante sur une bande sonore lénifiante, apportent, à cette oeuvre, des respirations bienvenues. Mais le film ne serait rien sans le talent exceptionnel des acteurs, malheureusement peu connus pour la plupart. Frances O'Connor, une Fanny qui crève l’écran et dont tout l’être exprime une probité sans faille, mérite une mention d’excellence.

Film de femme sur le sort des femmes, “Mansfield Park” fourmille de détails, de réflexions sur le sens de la vie qui sont typiquement féminins et que vous aurez, je l’espère, du plaisir à découvrir.

Amitiés.

Jean-Marc de Wolff

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