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Chers Amis, 

Voici une petite devinette : certains journalistes disent d’elle qu’ “elle est aussi incandescente qu'une coulée de lave de l'Etna”. Pour d'autres, “elle a l'éclat d'une pierre brute qui n'aurait pas été travaillée par l'érosion” ou “elle est comme un joyau dont l'écrin serait une lumière descendue des étoiles”. Qui est-elle pour stimuler une telle ardeur poétique ?

Ces propos dithyrambiques s’adressent à Monica Bellucci qui incarne l’héroïne du film de Giuseppe Tornatore : “Malèna”. Dans un rôle quasi muet, cette remarquable artiste réussit, par la mobilité de son visage et par l’expression de son regard, à nous communiquer une palette impressionnante de sentiments.

Renato, au soir de sa vie, se souvient des femmes qui ont traversé son existence. Une seule a laissé une trace indélébile : Malèna. Belle à damner un saint, celle-ci sème l’émoi lorsque, chaque jour de 1942, elle traverse la place d’un petit village sicilien. En effet, si les hommes la regardent avec une concupiscence d’autant plus grande que son mari est parti au front, les femmes la jalousent  pour sa grâce angélique et son élégante fragilité.

Dans cet univers de turpitudes marqué par les idées fascistes, Renato, qui n’a que 13 ans, subit les tourments d’une sexualité naissante. Il utilise la totalité de ses loisirs à observer la jeune femme quand il ne fantasme pas sur ses longues jambes gainées par des bas fumés et sa poitrine généreuse.

Un jour le bruit court que le mari de Malèna est décédé. Il n’en faut pas plus pour que tous les machos du coin  sonnent l’hallali. Inexorablement, les fils d’une tragédie vont se nouer...

Tornatore qui nous avait déjà donné la dimension de son art de portraitiste avec “Cinema Paradiso”, nous propose une film d’une grande finesse sur la beauté et sur l’intolérance que celle-ci peut générer. Sous-tendu de bout en bout par un sentiment de violence difficilement réprimé, il nous parle de l’héroïsme d’une femme confinée dans la solitude que lui impose la cruauté des hommes.

Le réalisateur ne s'appesantit jamais sur la vie de Malèna. La place du village, l’école, le magasin de coiffure, le tribunal, la plage, et bien d’autres lieux, sont autant d’endroits où se déroulent des événements cocasses que ponctue la musique entraînante d’Ennio Morricone. Cette rupture de ton avec le sujet du film, singulièrement, en accroît le réalisme

A ne pas manquer !

Amitiés. 

J.-M. de Wolff

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