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Chers Amis,

S’il est une chose curieuse, c’est bien de voir que les réalisateurs de films français supportent souvent mal qu’on leur confie de grosses sommes d’argent : “Le Pacte des Loups”, “Belphégor”, et les “Rivières pourpres”, qui ont coûté très cher, sont décevants. Mais lorsqu’on leur serre les cordons de la bourse, alors ils sont capables de nous donner des films de grande qualité. C’est le cas de “Mademoiselle” tourné par Philippe Lioret, l’auteur de l’excellent “Tenue correcte exigée” (1996, avec Elsa Zylberstein, Jacques Gamblin et Zabou).

Claire, mariée, mère de deux enfants et représentante de produits pharmaceutiques, mène une vie bien réglée lorsqu’elle rencontre, par hasard, Pierre, un acteur à la dérive, célibataire, mélancolique et désabusé, qui la séduit par sa fantaisie.
 
L’auteur explore avec une subtile sensibilité l’attraction quasi imparable que les deux protagonistes exercent l’un sur l’autre. Il met en évidence l’étincelle qui allume le désir impératif, évoluant vers une passion impossible et se consumant dans le déchirement.

24 heures. C’est le temps que durera ce coup de foudre aussi violent qu’éphémère. Claire et Pierre, s’ils en seront marqués à vie, n’en sortiront pas anéantis, mais au contraire remplis d’une force nouvelle.

Le film est admirablement servi par deux comédiens de talent : Sandrine Bonnaire, plus fraîche et légère que jamais, et Jacques Gamblin, déroutant dans son personnage fantasque et un rien désespéré.

A voir dès que possible.

Amitiés.

J.-M. de Wolff

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