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LE CERCLE de Gore Verbinsky
ou la terreur mise en images
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Rachel est une jeune journaliste malmenée sur le plan affectif
puisqu’elle vit séparée de son mari qui lui a laissé la
responsabilité d’élever leur fils. Sur le plan professionnel,
c’est une battante qui ne s’en laisse pas conter. Pour marier
métier et rôle parental, elle doit recourir aux services d’une
baby-sitter nommée Katie. Or, voici que la jeune fille, qui n’a
que seize ans, décède d’une crise cardiaque.
Lors des obsèques, Rachel apprend que Katie aurait regardé
une cassette vidéo réputée tuer ceux qui la regarde. Elle n’y
attache pas d’importance jusqu’à ce qu’elle découvre un
dessin fait par son fils. On y voit la baby-sitter couchée dans
une tombe. “Une tentative d’exorciser la mort”, pense la
journaliste. Mais lorsqu’elle apprend que le dessin a été
réalisé trois jours avant le tragique événement, elle réalise
qu’il lui faut en savoir plus. Elle retrouve la cassette. Mais
à peine l’a-t-elle visionnée que le téléphone, lugubre,
sonne...
Rachel sent alors la peur lui griffer le coeur. Une voix
étrange lui annonce qu’il ne lui reste plus que sept jours à
vivre ! Avec l’énergie du désespoir, la jeune femme s’engage
dans une enquête qui va la mener bien plus loin qu’elle ne l’aurait
imaginé, dans un monde que notre civilisation matérialiste a
oublié, celui du Mal...
Tiré du film “Ring” du Japonais Hideo Nakata - film qui a
fait sensation dans le genre en 1998 mais qui n’a jamais été
projeté chez nous - “Le Cercle” de Gore Verbinski semble n’avoir
rien à lui envier. On y trouve les symboles classiques du cinéma
d’horreur : le cheval qui, l’oeil affolé, hennit et martèle
furieusement le sol de ses sabots, la chaise vide, le phare
trouant la nuit, le miroir aux reflets fugitifs, ou encore l’eau
s’écoulant en nappes (référence à la vie qui quitte l’individu
saigné à blanc). Quant à la perversité, elle prend, ici, la
forme d’une fillette fragile, d’une troublante innocence qui,
contre toute attente, ne dort jamais.

La plupart des images sont à dominantes bleues donnant, dès l’abord,
une impression glacée qui, grâce à une bande son étonnante,
nous pénètre jusqu’à la moelle. Tout dans cette histoire,
marquée du sceau du surnaturel, nous fait frémir. Partagés
entre le désir de quitter ce monde envahi par l’angoisse et
celui de connaître l’épilogue, nous finissons par succomber à
ce dernier.
Avec l’habileté qui avait fait la force d’”Alien” ou
de “Rosemary’s Baby”, Verbinsky ne nous dévoile jamais l’horreur
sinon par des flashes si brefs que notre oeil l’enregistre plus
qu’il ne la voit. Mais l’effet, accentué par notre
imaginaire, est proprement terrifiant.
Le choix des acteurs est excellent, à commencer par Naomi
Watts qui donne vie à Rachel. C’est avec plaisir que nous
découvrons une nouvelle facette d’un talent que “Mulholland
Drive” (de David Lynch) avait révélé.
Attention, ce film n’est pas destiné à tout public !
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