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LANTANA
    Tout le monde a quelque chose à cacher

Curieusement le jury du Festival du film policier de Cognac a attribué son Grand Prix 2002 à “Lantana”, de Ray Lawrence. Cette oeuvre australienne méritait amplement d’être primée, mais l’étiquette de film policier lui nuira malheureusement, les fans du genre n’y trouvant pas leur compte, et les amateurs de drames psychologiques ne lui prêtant pas l’attention qu’il mérite.

L’énigme policière est réduite à sa portion congrue et ne débute qu’une heure après le début du film. Celle-ci, à l’instar de celle qu’on trouve dans “Gosford Park” d’Altman, ne sert que de prétexte pour mener une subtile analyse des relations qu’entretiennent cinq couples, hétéros, homos, légitimes ou non.

Apparemment tout va bien, tout est lisse ou presque. C’est l’image que donne, vue de loin, le lantana, sorte d'arbuste exotique aux petites fleurs colorées. Mais lorsque l’on s’en rapproche, on réalise alors qu’il cache sous ses feuilles une végétation dense, inhospitalière, tortueuse et inquiétante symbolisant les secrets, les lâchetés, les tragédies, les lassitudes, les tentations et les faiblesses des personnages. Ray Lawrence les observe avec une acuité redoutable faisant de ce drame de caractère un petit chef-d’oeuvre.

Valérie Somers, psychiatre, cultive avec son mari le chagrin que leur a causé l’assassinat de leur fillette cinq ans plus tôt. Un jour, alors qu’elle rentre chez elle, Valérie sort de la route. Son véhicule est hors d’usage et la jeune femme en est réduite à faire de l’auto-stop. On n’entendra plus parler d’elle. Seule, une de ses chaussures sera retrouvée sous un massif de lantanas. Léon Zat, détective, est chargé de l’enquête. Celle-ci va le faire plonger dans l’enchevêtrement des psychologies tourmentées des protagonistes. Il en ressortira écorché mais...

Barbara Hershey, émouvante psychiatre à la dérive, et Anthony LaPaglia, inspecteur douloureusement désorienté, nous perturbent pendant près de deux heures. Heureusement, Ray Lawrence trouve, dans sa conclusion, des images qui nous rassérènent. Au fait, ne pourraient-elles pas cacher, elles aussi, des turpitudes ?

Après l’indigence des programmes de l’été, ce film est une gâterie bienvenue !

Jean-Marc de Wolff

 

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