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Mon idole
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Le thème du pouvoir que peut exercer un individu sur autrui
est toujours passionnant. Nous venions de le voir explorer au
théâtre dans “Hilda”, l’excellente pièce de Marie Ndiaye,
où Zabou Breitmann a brûlé les planches dans un rôle
maîtresse de maison omnipotente, perfide et odieuse. C’est
maintenant au tour du cinéma de nous en donner une analyse dans
“Mon idole” de Guillaume Canet.
Bastien est “chauffeur de salle” dans “Sortez vos
mouchoirs” , une de ces émission de real TV qui survit grâce
à l’émotion qu’elle donne en pâture aux téléspectateurs.
Le jeune homme espère bien, un jour, pouvoir entrer en contact
avec le producteur de l’émission, Jean-Louis Broustal. Or, pour
son plus grand malheur, le destin va le permettre.

Broustal qui vient de se voir proposer un nouveau concept d’émission
par son présentateur vedette comprend vite que c’est Bastien
qui en est à l’origine. Bon prince, il propose à celui-ci de
venir peaufiner le projet dans sa maison de campagne au cours d’un
week-end.
Ce qui paraissait devoir être paradisiaque va peu à peu se
révéler être un cauchemar de la pire espèce pour Bastien. A
peine arrivé, il est désarçonné par un Broustal cynique et
désabusé qui lui abandonne sa superbe femme pour la nuit. Le
lendemain, Bastien va comprendre que la probabilité qu’il
puisse devenir un jour présentateur TV avec sa propre émission
tend vers zéro s’il ne se donne corps et âme à son
producteur. Mais le sacrifice qui sera exigé de lui est bien plus
grand qu’il ne saurait l’imaginer...
Broustal est joué par François Berléand de façon épatante.
Il parvient à donner de la profondeur à son personnage
caricatural et à l’humaniser de façon à ce que le public le
prenne en sympathie. L’exercice est d’autant plus difficile
que Broustal est un condensé de méchanceté, de couardise, de
bêtise, de veulerie, d’égoïsme et de bien d’autres
perversions dont la liste exhaustive serait impossible à donner
tant elle est longue.
Guillaume Canet s’est gardé le rôle de Bastien. Ce
personnage étonné, candide et falot trouve dans ce comédien au
visage fermé et au regard toujours un peu embrumé, l’accord
parfait.
Ce film, à la conclusion désopilante, est sa première
réalisation. Pour un coup d’essai, c’est, à quelques
détails près, un coup de maître. Le monde de la télévision y
est brocardé sans merci et les excès sur lesquels Canet met le
doigt nous donnent l’occasion de rire parfois jaune mais le plus
souvent de bon coeur. Une fois notre hilarité calmée, nous ne
pouvons nous empêcher de penser au rôle que certains producteurs
TV réservent aux téléspectateurs. Ni les uns, ni les autres n’en
sortent grandis !
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