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Effroyables jardins
de Jean Becker
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Ce film s’est vu descendre en flammes par une majorité de la
critique et cela est regrettable à plus d’un titre. Non
seulement, c’est un film touchant et plein d’humour, mais c’est
encore une oeuvre qui ouvre une réflexion sur la guerre, la
résistance et l’héroïsme. Ici la violence n’est que fort
peu apparente malgré l’évocation de ce terrible conflit
mondial et c’est peut-être ce qui a paru fade à ceux dont le
goût s’est émoussé après des films tels que "Le
Seigneur des Anneaux 2" ou "Gangs of New York".
Jacques est un instituteur compétent que son fils Lucien
admire. Mais le jeune garçon ne peut supporter que son père se
donne en spectacle au village en montant des numéros de clown.
Lorsque l’histoire commence, Jacques vient d’entrer en scène
et les spectateurs l’applaudissent à tout rompre. Lucien,
étranger à la liesse qui l’entoure, fait grise mine, ce qui
chagrine le meilleur ami de Jacques, André. Celui-ci décide
alors qu’il est temps d’expliquer au jeune garnement pourquoi
son père est si attaché à son rôle d’auguste.
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Dans un immense flash back commenté en voix off par André,
celui-ci nous conte leur aventure à Jacques et lui. En 1944, pour
les beaux yeux de celle qui deviendra la mère de Lucien, les deux
hommes décident de faire exploser la commande d’un aiguillage
gardé par les Allemands. L’opération se déroule comme prévu
et les dégâts sont énormes. Les Allemands, furieux et prêts à
tout pour connaître le nom des responsables, prennent en otage
quatre habitants du village. Ils seront mis à mort si personne ne
se dénonce. Le hasard fait que parmi les quatre prisonniers qui
seront jetés dans un trou, se trouvent André et Jacques.

Alors que la situation devient de plus en plus tendue à mesure
que se rapproche l'échéance fixée par les Allemands, un de
leurs gardiens trouve le moyen de leur redonner du courage : il
leur apporte quelques victuailles et se lance dans un numéro de
clown...
Tiré du roman de Michel Quint, ce film est touchant par la
simplicité des situations qu’il évoque et surtout par le ton
que Jean Becker a décidé d’adopter. Le caractère sinistre de
ces années de guerre est contrebalancé en permanence par un
optimisme issu d’un élan vital qui nous enthousiasme. Les
petites choses de quotidien vues avec humour, d’une part, et, d’autre
part, les rêves de gloire et d’amour prennent le pas sur l’Histoire
avec un grand “H” dont les héros n’ont rien à faire.
Jacques Villeret et André Dussollier jouent les deux
personnages avec un talent qui laisse pantois tant ils sonnent
justes. Ce sont des héros fragiles et toute la force de ce film
réside dans le fait d’avoir réussi à mettre en évidence cet
élément sans tomber dans la caricature ou le ridicule. Jacques
et André sont des Français moyens. Ils ne sont ni totalement
bons ni totalement mauvais, mais ils font de leur mieux. En cela
leur aventure nous concerne tous.
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