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Chers Amis,
Peut-être l’ignorez-vous, mais le motel du bonheur se trouve
non loin de chez vous. Il a pour nom “Galaxy Motel” et pour
adresse, le cinéma qui assure la projection du film “Les Petites
Couleurs”, que nous devons à la Genevoise Patricia Plattner.
Ce motel, s’il n’excelle pas par le bon goût,
a ce côté chaleureux qui invite chacun à s’y arrêter et à
s’y ressourcer. La patronne, Mona, est une femme au dynamisme
contagieux dont la pétulance n’a d'égal que la générosité.
Toujours prête à tendre la main, elle soigne les blessures du
coeur sans jamais tomber dans l'apitoiement improductif.
Un soir, Mona voit arriver une pauvre petite
femme au visage bleuis par les coups. Elle l’accueille avec discrétion.
Le lendemain, elle apprend que la nouvelle venue, Christelle,
coiffeuse de son état, a fui le domicile conjugal après avoir asséné
un coup sur la tête de son mari, un homme violent qui a pris
l’habitude de la frapper.
Comme Mona a des problèmes de personnel, son employée étant
sur le point d’accoucher, elle propose à Christelle de la
remplacer. Celle-ci accepte et va peu à peu s’intégrer à ce
milieu de routiers et de représentants de commerce. Les deux femmes
vont se découvrir une passion commune pour un soap-opera, “Le
Ranch de l’Amour”, dont la TV distille des épisodes
quotidiens qu’elles ne manqueraient pour rien au monde. Et puis,
le temps va passer, les blessures vont cicatriser et...
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Bernadette Laffont entre merveilleusement dans la peau de la
patronne du Galaxy Motel, une veuve généreuse quoiqu’un peu
autoritaire, qui accueille les confidences des esseulés et qui
considère que les routiers sont sa famille. Son personnage a ceci
d’épatant que jamais il n’enferme ceux qui gravitent autour de
lui. Au contraire, il semble leur donner la force qui leur manque
pour prendre leur propre envol. Par cet élément positif, Patricia
Plattner rééquilibre en permanence son film qui, sans cela, aurait
sombré dans un mélo suave.
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Christelle, la petite coiffeuse, est admirablement jouée
par Anouk Grinberg. Celle-ci parvient avec une simplicité
confondante à nous serrer le coeur. A certains moments pathétiques,
je pense que si l’on avait rallumé la lumière dans la salle,
rares auraient été les yeux secs... Fragile, émouvante, fraîche
et craquante, Anouk Grinberg - qui avait commencé sa carrière au
Théâtre de Vidy, en 1976, alors qu'elle avait 13 ans - nous
revient après 7 ans d’exil cinématographique, et c’est un pur
bonheur !

Amateurs de films tendres et humanistes, je ne doute pas que
“Les Petites Couleurs” vous enchanteront comme ce fut le cas
pour moi.
Jean-Marc de Wolff
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