retour au sommaire

 

 

 

 

 

 

 

 

Chers Amis,

Selon la critique cinématographique, le 54ème Festival de Cannes aurait été, par sa sélection, peu gai, auteuriste, rigoriste et austère. N’ayant pas vu l’ensemble des films en concours, je ne puis me prononcer. Je regrette toutefois que l’on ait tant de peine à parler positivement d’un événement. Les commentaires fielleux pleuvent depuis longtemps sur le Festival de Cannes, mais chose curieuse, non seulement, il existe toujours, mais encore, il est toujours attendu. Aujourd’hui, j’aimerais rendre hommage au Jury du Festival qui, avec clairvoyance, a su reconnaître un chef-d’oeuvre dans le film de Nanni Moretti : “La Stanza del Figlio” (La chambre du fils).

Au-delà d’une simple histoire de deuil familial, Moretti nous offre une fable philosophique sur le destin. Giovanni, psychanalyste renommé, homme d’habitudes, est un père de famille ordonné (une paire de baskets adaptée à chaque sport) qui croit maîtriser l’avenir des siens et croit détenir certaines vérités qu’il assène à ses patients. Tout semble aller pour le mieux dans cette famille sans histoire dont la mère, Paola, est une épouse parfaite, la fille Irene, une écolière studieuse, et le fils Andrea, un garçon en qui l’on peut avoir une totale confiance...

Un beau jour, Andrea vient à perdre la vie dans un accident de plongée sous-marine. La petite famille sombre alors dans un désespoir déchirant. Les belles théories de Giovanni s’envolent et, peu à peu, parce qu’une pièce manque, le puzzle familial va se désagréger .

Il faudra un nouveau concours de circonstances pour que Giovanni renonce à vouloir changer le passé et qu’il applique enfin les conseils qu’il savait si généreusement prodiguer aux autres. C’est à ce prix que les membres de sa famille pourront retrouver la sérénité et que l’amour pourra retrouver sa place.

Le film de Moretti est une oeuvre d’une apparente simplicité, mais qui se révèle plus complexe à mesure que l’on y repense. De ce qui est presque un fait divers, l’auteur fait une oeuvre universelle qui sonne toujours juste. Cette famille devient, le temps d’une projection, la nôtre et c’est sans vergogne que nous participons à son chagrin.

Je ne peux louer l’auteur sans rendre hommage au jeu des acteurs, tous excellents - avec une mention spéciale pour Laura Morante -, et à l’habileté d’Esmeralda Calabria, monteuse géniale qui a su bouleverser le spectateur que je suis avec des images d’une admirable sobriété.

Amitiés.

Jean-Marc de Wolff

 

retour au sommaire