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BON VOYAGE 
                               de Jean-Paul Rappeneau

Voilà bien quelque temps que le film d’action se complaisait dans des scénarios plutôt minces, privilégiant les éléments spectaculaires et les cascades. Fort heureusement, avec “Bon Voyage” de Jean-Paul Rappeneau, le cinéma français se démarque en nous offrant un film riche en éléments romanesques. De plus, ce qui ne gâche rien, celui-ci a pour toile de fond la période mouvementée de la France des années 40, avec ses incertitudes politiques et ses hésitations entre collaboration et résistance.

Rappeneau veille à ne pas se laisser piéger par le côté inquiétant de l’Histoire de ce moment. Au contraire, il garde une distance critique qui, accompagnée d’un ton résolument enjoué et léger, font de ce vaudeville un spectacle qui fleure bon l’aventure et l’amour.

Frédérique a été amoureux fou de l’actrice Viviane d’Angers. Il lui a gardé une très grande affection, de sorte que le jour où elle lui demande de faire disparaître un cadavre, il n’hésite pas à voler à son secours.

Mais, il n’a pas de chance ce soir-là. Un accident fait découvrir le mort qui gît dans le coffre de sa voiture. Le pauvre Frédérique finira sa nuit au poste de Police avant d’être incarcéré. Heureusement pour lui, les aléas de cette période houleuse vont lui permettre de prendre la clé des champs au bout de quelques mois. Il quitte donc Paris pour rejoindre Bordeaux qui sert de refuge à tout le gratin parisien.

C’est ainsi qu’il retrouve Viviane d’Angers qui est devenue la maîtresse du Ministre de l’Intérieur et qui, à ce titre, l’a accompagné à Bordeaux. Parallèlement, il fait la connaissance d’une jeune étudiante qui cherche à évacuer sur Londres un savant en énergie atomique.

Le décor est ainsi posé. Frédérique n’aura pas une minute. Non seulement, il devra échapper à la Police qui l’a reconnu comme évadé, mais encore il lui faudra aider la jeune étudiante dont il est en train de tomber amoureux et cela sans pour autant laisser tomber Viviane qui a diablement besoin de lui.

Grégori Derangère - heureuse découverte - joue le rôle de Frédérique, un écrivain bourré de talent qui a de la peine à terminer son roman, qui doute de lui et qui va prendre sa revanche. En face de lui deux femmes exceptionnelles : Virginie Ledoyen qui prête sa candeur et sa fraîcheur juvénile à la jeune étudiante et l’étonnante - voire mythique - Isabelle Adjani dont les caprices de Diva exaspéreraient le spectateur s’il n’était sous le charme d’une beauté rendue étrange par l’absence des marques du temps.

Et pour tout ceux qui n’aiment pas la guerre, qu’ils se rassurent et se souviennent que dans ce film, l’amour prend le dessus de sorte l’oeuvre de Rappeneau est nimbée d’optimisme.

A ne pas manquer.

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