retour au sommaire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chers Amis,

Après Aldomovar (“En chair et en os”) et Chabrol (“La cérémonie”), c’est au tour de Claude Miller de se laisser séduire par Ruth Rendell, la célèbre diva du suspens. Sur la base d’un roman de cette dernière, “Un enfant pour une autre”, il vient de réaliser un film passionnant : “Betty Fischer et autres histoires”.

Betty, romancière au succès croissant, revient des Etats-Unis, avec son petit garçon Joseph, pour mener une vie discrète dans la banlieue parisienne. Or, le jour où débute l’action, elle doit accueillir sa mère, une femme atteinte de porphyrie, dont le comportement parfois violent a toujours été difficile à supporter. Alors que les deux femmes se chamaillent une fois de plus, le petit Joseph en profite pour se pencher à la fenêtre de sa chambre et fait une chute de plusieurs mètres dont il ne sortira pas vivant.

Pour consoler sa fille et regagner un amour entaché par des années de drames répétés, la mère de Betty lui offre un enfant qu’elle vient d’enlever à une sommelière, femme de petite vertu, habitant les quartiers défavorisés de la ville.

Dans un jeu de quilles, seules quelques pièces chutent sous l'effet de la boule, les autres ne tombant que par le fait qu’elles sont bousculées par leurs voisines. Ici, l’enlèvement joue le rôle de la boule et Miller nous donne à observer les conséquences qui en résultent pour un groupe de personnages que rien ne semble lier au premier abord sinon qu’ils sont tous, à deux exceptions près, des opportunistes obnubilés par l’argent et/ou le sexe.

Sauront-ils retrouver les vraies valeurs avant qu’il ne soit trop tard ? Et Betty Fisher, quel sera son choix entre le bien et le mal ? Se réconciliera-t-elle avec sa mère ? Que fera-t-elle du gosse? Les questions sont nombreuses et les réponses vous surprendront sûrement, aussi ne gâcherai-je pas votre plaisir en vous les donnant.

Du point de vue technique, de très nombreux “portés” donnent une grande impression de vie au film. Le montage y contribue aussi par une multiplication des actions simultanées qui finissent par nous faire perdre pied, alors que les personnages sont emportés par le tourbillon de leurs destins. Un bel exercice de style, en somme, où la forme respecte le fond.

Les actrices, Nicole Garcia, la mère un peu folle, Mathilde Seigner, la “mauvaise” mère, et surtout Sandrine Kiberlain, la mère déchirée entre amour et raison, crèvent l’écran par une grande présence et un jeu d’une extrême sensibilité. Les acteurs qui leur donnent la réplique - Edouard Baer, Luck Mervil, Roshdy Zem et Stéphane Freiss - sont à la hauteur, donnant à l’ensemble une impression de grande homogénéité.

Cette histoire qui, somme toute, ne fait que parler d’amour (ou presque) vous enchantera, je l’espère, autant que ce fut le cas pour moi.

Amitiés

Jean-Marc de Wolff

 

retour au sommaire