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Chers Amis,

Comme le dit la chanson : “Le bonheur est chose légère” et il n’est pas loin. Il suffit d’ouvrir sa porte et ses yeux. C’est du moins ce que nous laisse supposer Jean-Pierre Jeunet  dans son dernier film, “Le fabuleux destin d’Amélie Poulain” (avec Audrey Tautou, Mathieu Kassovitz, Serge Merlin, Rufus, Dominique Pinon), un bijou qu’il ne faudrait manquer pour rien au monde

La vie d’Amélie n’a rien d’exaltant : elle n’a pas eu une enfance vraiment heureuse et maintenant qu’elle est sommelière dans un bistrot, son quotidien est si terne que seules les rêveries romantiques en faisant des ricochets sur l’eau lui permettent de s’en évader.

Or voici qu’elle trouve, cachée dans sa salle de bain, une vieille boîte contenant de menus objets ayant vraisemblablement appartenus à un petit garçon dans les années 50. Amélie se lance alors un défi : si elle parvient à retrouver le légitime propriétaire de ce petit trésor, elle interviendra pour améliorer la vie de ceux qui l’entourent.
 
Notre Amélie (Audrey Tautou) craquante à souhait avec sa frimousse juvénile et ses yeux noisette, ayant retrouvé le garnement devenu adulte, n’aura plus qu’à remplir la deuxième partie de son contrat. Avec une délicate humanité, avec une sensibilité toute particulière “au charme discret des petites choses” (sic), elle va semer le bonheur autour d’elle avec cocasserie. Mais pour que le bonheur du spectateur soit complet, il faudra qu’Amélie trouve le sien...
Avec un humour légèrement décalé, Jean-Pierre Jeunet donne une vision très personnelle du bonheur qui flirte allègrement avec le fantastique. Pour ce faire, il n’hésite pas à colorer ses images avec un filtre jaune et à utiliser avec originalité des objectifs à grand angle. La caméra, toujours en mouvement, virevolte avec virtuosité et nous offre des plans aux cadrages peu habituels nous forçant à jeter un oeil neuf sur des choses banales.
 
Au sortir de la salle, je me suis senti léger comme les petits cailloux d’Amélie qui ont rebondi sur l’eau. J’ai eu l’impression d’avoir touché du doigt la part “bonne” qui sommeille dans le coeur de l’homme. Naïveté ? Peut-être, mais tellement roborative !
 
Amitiés.

J.-M. de Wolff

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