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Chers Amis,

Les aventures du Marsupilami sont devenues un produit commercial qui n’a plus grand chose de commun avec l’original. Pour mesurer la distance qui sépare le premier du second, il suffit d’ouvrir le dernier album publié par Marsu Productions : “Capturez un Marsupilami !” Ici on retrouve Franquin dans de vieilles planches qui, pour la plupart, n’ont jamais fait l’objet d’un recueil.

Cet album porte le numéro zéro. Ce sont en effet les premiers pas du Marsupilami auxquels nous assistons. Avec l’auteur, au fil de sa création, nous découvrons les différentes facettes de cet animal sympathique, parfois gaffeur, mais défendant toujours une certaine conception du bien.

Notre plaisir est d’autant plus grand que nous retrouvons tous les personnages qui ont fait le succès du journal “Spirou” : Monsieur De Maesmeker, le Comte de Champignac, Spirou, Fantasio, Spip, Monsieur Dupilon (le pharmacien éthylique), Monsieur Osdeseich (le professeur de biologie), le petit Noël et quelques autres. Tous nous rappellent les années héroïques de notre enfance où nous piaffions d’impatience, d’un jeudi à l’autre, dans l’attente du nouveau numéro du journal et du mini-livre qu’il nous fallait découper.

Les gags de Franquin ont ceci de particulier qu’ils peuvent être lus à plusieurs niveaux. On peut se satisfaire de l’aventure souvent rocambolesque des personnages ou aller un peu plus loin et découvrir la philosophie de la vie de l’auteur. Avec gentillesse, il égratigne l’autorité et la politique, avec pertinence, il s’en prend aux chasseurs d’animaux et aux zoos, et enfin avec intelligence et tendresse, il défend les valeurs de la famille et de l’amitié.

Je tiens encore à souligner que l’optimisme est partout dans cet ouvrage, un optimisme roboratif que seul un homme qui cultivait les paradoxes était capable de nous offrir. Franquin ne nous a-t-il pas donné deux remarquables albums sous le titre plus qu’évocateur d’“Idées Noires” ?

Amitiés. 

J.-M. de Wolff

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