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Chers Amis,

Pour moi, le monde cathare a toujours eu un attrait magique. L’étonnante histoire de Montségur, en 1244, où les Cathares, pourtant à la merci des Croisés, ont obtenu d’eux une trêve de 15 jours me laisse songeur, et ce, d’autant plus qu’à la fin du délai, ils se sont immolés par le feu. Personne ne sait au juste pourquoi les assiégés avaient besoin de ces deux semaines, pas plus qu’on ne sait ce qui a poussé les Croisés à accepter cette suspension des hostilités.

Un parfum de mystère nimbe cette page de l’histoire et pourtant, rares sont les scénaristes de BD à l’avoir exploitée. Eric Stalner est l’un d’eux et il nous propose une aventure, “Le roman de Malemort”, qui comporte actuellement trois albums (dont le dernier vient de paraître). Ce n’est toutefois pas une oeuvre historique à proprement parler tant l’auteur prend de libertés avec le sujet. Mais le récit fantastique qu’il nous fait sait envoûter le lecteur.

Anthéa est une jeune fille qui n’a pas froid aux yeux et qui manie les armes avec une redoutable efficacité. Au cours d’une ballade à cheval, elle découvre un chevalier blessé, le seigneur de Malperthuis. Elle décide de lui venir en aide et de le ramener chez sa mère, une maquerelle qui dirige avec autorité une maison de tolérance.

Or, Malperthuis est pourchassé par les hommes d’Aymon de Montgarac, prêtre de la Sainte Inquisition. Celui-ci, 30 ans plus tôt, était tombé amoureux d’une jeune fille que son état lui interdisait de courtiser et qui aimait Colbus de Malemort, un hérétique cathare. Jaloux, Aymon avait condamné celui-ci et les habitants de la ville de Malemort à périr par le feu. Mais Colbus avait trouvé le moyen de faire appel aux forces obscures pour disparaître. Quelques hommes, dont Malperthuis, avaient pourtant échappé à la mort et, depuis, Montgarac les traque...

 

Le récit est passionnant. Il mélange habilement les genres puisque nous passons du roman historique à une espèce d’”heroic fantasy”, le tout dans une dynamique épique enthousiasmante. Le dessin est magnifique de précision et de perfection. Comme toujours, Stalner n’hésite pas à utiliser des vues cavalières, en plongées ou contre-plongées parfaitement maîtrisées évoquant des plans très cinématographiques où les mouvements de caméra seraient vertigineux.

La mise en couleur doit être saluée pour la douceur et la chaleur de ses tons. Le rendu des décors est stupéfiant de réalisme.

Une fois que vous aurez ouvert ces albums, je doute que vous ayez envie de les laisser chez le libraire...

Amitiés. 

J.-M. de Wolff

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