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Chers Amis,
Encore New York, allez-vous me dire ! Cette ville
d’Amérique, où le meilleur côtoie le pire, va servir
d’arrière-plan à une histoire sensationnelle racontée
dans les 5 albums de la série “Le Pouvoir des
Innocents” de Luc Brunschwig et Laurent Hirn (publiée
chez Delcourt).
Il s’agit d’une BD de fiction politique dont
l’originalité tient avant tout à un mode narratif peu
ordinaire. Les personnages, tour à tour, au gré de leurs
rencontres les uns avec les autres, nous racontent
l’histoire, chacun de leur point de vue. Ils le font au
travers de monologues - équivalents à des voix “off”
au cinéma - qui nous éclairent sur leurs personnalités.
Chacun d’eux nous explique le présent en le mettant en
relation avec son passé grâce à des flashes back
saisissants. Brunschwig, le scénariste, a eu la bonne idée
de recourir à des phylactères colorés pour que le
lecteur ne se perde pas.


Joshua Logan est un ancien du Vietnam, un de ces
soldats aguerris et quasi invincibles, mais chez qui cette
terrible guerre à laissé des cauchemars récurrents. Son
fils vient d’être tué par des vigiles appartenant à
une société défendant le droit à l’auto-défense qui
porte un nom curieux : “Le Pouvoir des Innocents”.
Alors que Joshua sombre dans la folie, une lutte sans
merci oppose deux candidats à la mairie de la ville :
Jessica Ruppert, démocrate et ancienne directrice d’une
maison de rééducation pour jeunes délinquants, d’une
part, et, d’autre part, Gedeon Sikk, un défenseur des
idées de l’extrême droite, dont les intérêts
sont liés à ceux de la Mafia.
Mais Joshua est un homme opiniâtre. Il va sortir de
son aliénation avec le courage nouveau que lui insuffle
une fillette qui a besoin de sa protection. Malgré lui,
il sera une des pièces constitutives d’une machination
terrible à laquelle participe une société aussi discrète
que meurtrière, le clan 508. Ses capacités d’homme de
terrain vont faire de lui le grain de sable qui...



Cette BD est un roman extrêmement riche en
rebondissements et en éléments très touchants. De plus,
chose plaisante, le discours humaniste de Jessica Ruppert
est de ceux dont on espère qu’ils laisseront des traces
dans les consciences du 21ème siècle.
Ces cinq albums ont été réalisés en 10 ans. Il est
intéressant de noter l’évolution du graphisme et de la
mise en couleur de Hirn. L’un et l’autre, excellents dès
le début, s’affinent pourtant au cours des trois
premiers volumes. Dès le 4ème, on sent que le
dessinateur trouvé ses marques et qu’il se sent à
l’aise : le trait est plus épuré et les tons choisis
sont désormais harmonieux. Le récit s’en trouve plus aéré
et, par là, plus percutant.


Il est vrai que le titre n’est pas très
accrocheur, mais si vous aimez les investigations dans le
monde politique écartelé entre la justice et la
corruption, entre la paix et la violence, si vous appréciez
les récits de luttes de pouvoirs et de manipulations,
alors je ne doute pas que vous franchirez cet écueil. Et
vous serez captivés.
Amitiés.
J.-M. de Wolff
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