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B.D. : NAHIK

Attendu avec impatience, le huitième et antépénultième album de la série “Le Décalogue” vient de paraître sous une couverture brune de très belle facture. Il porte un sous-titre énigmatique : “Nahik”.

Nous sommes en 1813. Les armées de Napoléon rebroussent chemin après une déconfiture cinglante. Le Général Fleury, gravement blessé, et son épouse Ninon trouvent refuge chez un frère de celle-ci, Hector.

Auteur à succès, Hector vit à l’aise dans un hôtel particulier qui aurait tout pour plaire s’il n’abritait un étrange et inquiétant locataire : son frère aîné, l’ex-capitaine Eugène Nadal. Frappé dans sa chair, cet officier valeureux l’a également été dans son psychisme. Toutes les nuits, il fait résonner les murs de la magnifique demeure de ses cris déchirants, signes effrayants d’une souffrance insupportable. Celle-ci serait liée à un mystère dont la clé pourrait se trouver en Egypte...

Ninon ne supporte plus de voir Eugène dans cet état. Pour venir lui venir en aide, elle mène des recherches tous azimuts, n’hésitant pas à visiter des hôpitaux psychiatriques où l’on applique des traitements dont la seule évocation donne la chair de poule. La curiosité aidant, elle découvre des pistes qu’elle ne soupçonnait pas et, surtout, elle met la main, par hasard, sur un secret familial de taille : aux confins de la démence d’Eugène se cache une infamie scandaleuse...

Prévu pour être ce que les spécialistes appellent un “One Shot”, c’est à dire une histoire racontée en un unique album, ce tome n°8 se suffit donc à lui-même. De l’aveu de Giroud, le scénariste, c’est cet épisode qui lui a donné envie d’écrire la série intitulée “Le Décalogue”. Notons encore que “Nahik” présente un changement de ton radical : le caractère historico-politique des 7 premiers volumes a cédé sa place au fantastique.

Rollin, le dessinateur de cet album, est un expert dans la manière de rendre les ambiances lourdes et angoissantes liées à des mystères où le paranormal et les mondes obscurs ont une place prépondérante. Il nous en avait déjà offert un brillant exemple dans la série “Ombres” qu’il a réalisée sur un scénario de Dufaux (5 albums publiés). Dans “Nahik”, il nous donne la pleine mesure de sa maîtrise. D’un graphisme précis, sans pourtant être rigide, les dessins de cet artiste fascinent le lecteur par la richesse des détails et l’envoûtent par le charme nostalgique des éclairages.

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