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Chers Amis,
Erik Arnoux vient de terminer le deuxième cycle de la saga de
“Sophaletta”. Alors qu’il a réalisé seul les trois
premiers albums, excellents du reste, il a fait appel à Dominique
Hé pour dessiner les albums 4 et 5 de la série, ceux-ci
constituant à eux deux une histoire complète. Il faut avouer que
la série tire le plus grand bénéfice de cette collaboration
dont on peut espérer qu’elle va se poursuivre.
Nous sommes en 1912 lorsque Kitty Mc Daniels, photographe de
presse irlandaise, embarque sur le Titanic. Elle y fait la
connaissance d’un Russe qui lui offre, en gage d’amour, des
boucles d’oreilles célèbres, “les Larmes de la Tsarine”.
Le Titanic n’arrivera pas à destination, mais Kitty sera parmi
les 600 survivants. Malheureusement, les magnifiques bijoux sont
restés à bord.

Cinq ans plus tard, Kitty est à Pétrograd avec
son mari Duane. Celui-ci, journaliste est blessé à mort dans la
rue alors que la révolution bat son plein. Kitty n’a pas
d’autre choix que de fuir. C’est alors que sa route croise
celle de Sophaletta, dame maquerelle de son état. Celle-ci
accueille la jeune Irlandaise. Les deux femmes deviennent
rapidement amies, et découvrent que l’histoire des “Larmes de
la Tsarine” les lie d’une certaine manière puisque Sophaletta
en était légataire et qu’elles lui ont été dérobées.
La situation très perturbée de la Russie de cette époque va
amener les deux femmes à fuir, à fuir toujours plus loin. Toutes
deux sont belles et attisent les convoitises masculines. Si cela
les servira parfois, leur apparence de bourgeoise pour l’une et
de noble pour l’autre leur apporteront un lot d’ennuis qui...
passionnent le lecteur.
La vie du début du siècle avec ses inventions techniques, ses
remous politiques, son luxe et sa misère, est très bien décrite
par des dessins non seulement fourmillant de détails mais par des
plans d’une extrême beauté. Le découpage rend le récit
haletant. Quant aux personnages magnifiquement campés, ils séduisent
le lecteur autant que ceux qu’ils rencontrent dans un récit
rehaussé d’une touche d’érotisme émoustillant.

Le coloriage très vif et aux dégradés étonnants a été
réalisé par Hé et Chagnaud. Tous deux méritent un bravo
sonnant tant il donne du relief à chacune des cases. Jetez-y un
oeil ! Je pense que vous ne serez pas déçus.
Attention ! Cette bande dessinée doit être réservée aux
adultes, certaines scènes de violences étant très
impressionnantes. De plus, la morale y subit quelques coups que
seule l’Histoire peut expliquer et qui doit donc être connue !
Amitiés.
J.-M. de Wolff
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