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LE TROISIEME TESTAMENT 
                                                      de X. Dorison et A. Alice

Il est rare de se sentir quasi épuisé - comme lorsque l’on sort d’une longue maladie - au moment où l’on tourne la dernière page d’une BD et que l’on quitte ses personnages. C’est pourtant l’expérience que nous donne à vivre le “Troisième Testament” de Dorison et Alice, une passionnante série dont le quatrième et dernier volume vient de sortir.

1286. Le grand Inquisiteur Conrad Reinhardt Marcus, Comte de Marburg, est déclaré hérétique et est condamné au bûcher. Mais un énigmatique sauveteur lui permet de s’échapper. Pendant vingt ans, cet homme déchu va vivre dans la clandestinité. Ce n’est qu’à l’appel au secours de son ami, l’Archevêque Charles d’Elsénor, qu’il ne reprendra du service pour servir la cause qui fut la sienne de tout temps : préserver la Sainte Eglise du Malin.

   

Dans l’oeil du cyclone qui se prépare se trouve un étrange carnet de voyage écrit de la main de Julius de Samarie, un érudit vivant au 1er siècle. Ce document d’une exceptionnelle valeur semble indiquer où se trouve caché un “Troisième Testament” qui pourrait remettre en cause les dogmes de l’Eglise. Plus intéressant encore pour les forces en cause, ce “Troisième Testament”, d’inspiration divine, pourrait être la lumière permettant de rassembler toutes les brebis égarées, et ce, dans une même foi... et sous une même bannière !

Marburg va donc entrer dans la danse avec à ses côté, la fille adoptive de l’Archevêque, Elisabeth d’Elsénor, une jeune femme aussi cultivée qu’intrépide. Tous deux auront à affronter des adversaires de taille : l’Ordre Templier et la horde de l’Evêque Uther le Pourpre. Heureusement, ils pourront compter sur le Chapitre occulte des espions de l’Eglise. Mais tout s’achète et se vend, y compris les consciences et les alliances...

C’est avec une angoisse délectable que le lecteur suit les héros à travers un monde déchiré par la violence et les chocs culturels, héros qui n’ont qu’un but, celui de défendre leur Foi et la Chrétienté. Leur dangereuse aventure les mène à Tolède, à Stornwall en Ecosse, à Dantzig et enfin dans la partie la plus septentrionale du monde connu à cette époque. Elle trouve son épilogue dans un ultime combat qui ne dépare pas l’ensemble, tant il est grandiose...

   

L’histoire nous est narrée avec un souffle extraordinaire. Il n’y a pas un temps mort, pas une case inutile. L’action rebondit sans cesse, et ce, d’autant plus que les protagonistes évoluent dans un jeu où les règles changent sans cesse et où il est difficile de savoir qui sont les bons et les méchants.

Le découpage est absolument réussit passant de plans serrés à des plans larges avec un à-propos jamais pris à défaut. Autre tour de force, l’intrigue, quoique compliquée par de nombreuses localisations, des flashes backs, des actions simultanées et des énigmes à résoudre, est toujours très explicite.

Quant au dessin, il convient de souligner la splendeur des plans panoramiques dont la mise en couleur coupe le souffle du lecteur. A n’en pas douter, ces quatre albums qui confinent à la perfection resteront des “musts” dans les annales de la BD. Pour en tirer le plaisir le plus complet, il est à conseiller de lire la tétralogie, si possible, sans interruption et sur un fond de musique arabo-andalouse médiévale.

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