PRESS-BOOK
Piano et gongs

François Lindemann n'a pas besoin de soixante violons pour explorer des contrées inconnues. Délaissant son octet électrique ou le Piano Seven dont il est l'âme, le musicien lausannois se produit seul avec un piano préparé, façon John Cage, et ses percussions javanaises. Il joue du contraste entre le piano, instrument de tradition bourgeoise et européenne, et les instruments orientaux, "très purs et très simples". En rapprochant le clavier d'ivoire des gongs de bronze, il provoque de subtiles dissonances propices à la rêverie et à la méditation. Une phrase romantique et limpide s'interrompt sur l'interrogation d'une note mystérieuse et profonde, les gamelans évoquent des fantômes étranges et caressants. C'est les Babibouchettes au royaume de Siam, c'est une petite marche pour le retour de l'Ombre jaune. En toute simplicité, les micros-chromatismes de François Lindemann emmènent ces voyageurs immobiles que sont les spectateurs beaucoup plus loin que le cinéma des deux autres pianistes.

Antoine Duplan - Journal "Hebdo"

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© Dany GIGNOUX

 


Comment marier la jazz avec la musique thaï

...Un projet qui rassemble sur la même scène son quartet de jazz (avec le trompettiste Erik Truffaz, le contrebassiste Baenz Oester et la batteur Norbert Pfammatter) et un orchestre thaïlandais composé de onze musiciens emmenés par le saxophoniste Tewan Sapsanyakorn.

Propos recueillis par 
Pierre-Yves Borgeaud


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Taille: 18 x 11 cm
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Poids : 163 k

Pour le pianiste et compositeur lausannois, ce nouveau spectacle très original veut "réunir deux modes d'expression qui correspondent à deux modes de vies opposés. Deux orchestres qui représentent deux cultures se rencontrent sur scène. On ne cherche pas la fusion, on ne veut pas faire non plus de world music qui n'est qu'un concept commercial anglo-saxon. Il s'agit plutôt d'un travail d'approche et de découverte mutuelle dans le respect des différences".

Grand amoureux de l'Asie du Sud-Est, attiré particulièrement par l'aspect "serein et complexe" de la musique comme des habitants, François Lindemann voyage depuis une quinzaine d'années en Indonésie, en Thaïlande ou en Birmanie. Là-bas, outre le "tourisme de paysage", il a visité des écoles de danse et de musique, ainsi que des fabriquants d'instruments. Depuis quatre ans, il joue aussi régulièrement dans ces régions. Il y a emmené le Piano Seven, ainsi que son propre groupe de jazz, très bien accueilli notamment en Thaïlande dont le roi est un amateur de jazz notoire.
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Lors d'un concert donné dans un club de banghok avec son septet, Lindemann a rencontré Tewan Sapsanyakorn, "l'un des musiciens les plus connus du pays, et le plus demandé dans les studios d'enregistrement". Avec ce saxophoniste et flûtiste à l'aise autant dans les rythmes asiatiques que dans les harmonies occidentales, il a lancé ce projet de rencontre entre leurs différentes cultures. Sur place, en trois semaines de travail intensif, ils ont monté le spectacle présenté en première à Bangkok en février dernier.

Selon François Lindemann, la matière du spectacle est tirée "des chansons et mélodies traditionnelles thaïes, arrangées avec un groupe de jazz qui intervient dedans, dessus, à côté, autour. Il y a donc des chevauchements et des flottements, que j'aime beaucoup". Pour le pianiste, cette nouvelle expérience est enfin l'occasion de développer une véritable "dramaturgie musicale". A découvrir.


François Lindemann, piano
From 1996 Penguinguide to jazz on cd
Lindemann; Matthieu Michel (t, flhn); Robin Eubanks (tb) Yvan Ischer (as); Maurice Magnoni (ss, ts); Olivier Rogg (ky); Ivor Malherbe (b); Marc Erbetta (d). 10/89.
This ingeniously prepared and brilliantly executed record is an exemplar of what's currently happening in European jazz. Lindemann's themes manage to be tuneful, funny and deeply felt, using familiar harmonic language yet whirling together new ensemble colours and a rare vitality of improvisation. It's some indication of the quality of the playing that the admirable Eubanks, a famous visitor from New York, has to take his place with the other soloists, all of whom are excellent. Then maddeningly catchy line of "Ghost Train", lavish textures of "Forgotten Faces" and "Different Mask's and the far-from-lugubrious requiem for Woody Shaw, "Song For Woody", are highlights of a programme that is enormousky satisfying. Well recorded and highly recommanded.


Montreux Jazz & Swiss Movement Live In U.S.A. - Evasion ECD 92211
As above, except add Pascal Schaer (alphorn, tb), Robert Morgenthaler (tb), Erik Truffaz, Jan Gordon-Lennox (Alphorn, buchel), Jean-Jacques Pedretti (alphorn), omit Eubanks. 8/91.
The alphorn quartet who join with Lindemann for this Detroit concert bring the usual problems of eccentric instrumentation: wayward intonation, dubious key centers, all the authenticities that tend to foul up meaningful fusions of jazz with so-called folk traditions. That said, the bizarre bellowing of the horns has a certain demonic charms that provides a rollcking backdrop for some of Lindemann's ideas. On two fine studio tracks he also continues the characterful arranging of the previous record.


Anspruchsvolle Tonmalereien im Zofinger "Ochsen"
Einen tiefen Eindruck hinterliess am Freitagabend das François Lindeamnn-Sextett mit einem Jazz-Konzert im saal des "Ochsen" in Zofingen. Das Ensemble spielte in folgender Besetzung: François Lindeamnn (fender-rhodes, compositions), Erik Truffaz (trompet, flügelhorn), Pascal Schaer (posaune), Alphorn), Bob Harrison (kontrabass), Pierre-François Massy (kontrabass) und Norbert Pfammater (drums).
Eigenkompositionen mit intellektuellem Tiefgang und zum Teil hymnischer Kraft wechselten mit jazzigen Parts, die in ihrer noblen Tristesse an den "mittleren Miles Davis" erinnerten. Vor allem der Trompeter konnte sein grosses vorbild nicht verleugnen. Höchst amüsant waren die witzigen instrumentalen Zwiegesprächen vom Trompeter und Posaunisten à la Dolphy-Mingus. Die Musik dieser Formation ist spannend und abwechslungsreich aufgebaut, mit schwerpunkt auf E-Musik, aber doch gespickt mit fetten Brocken von der Arche Noah mit strengen Klaugstrukturen bis hin zum freien Spiel. Eine breite Palette von Tongemälden: brilliant, anspruchsvoll und überzeugend vorgetragen.

 

 
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